Les aventures se vivent… Les souvenirs se collectionnent.
Chaque été, je retourne sur la même plage.
Petite, j'y passais une partie de mes vacances avec mes grands-parents. Aujourd'hui, j'y emmène mes enfants.
Le sable est le même. La mer aussi. Et pourtant, à chaque fois que j'y pose ma serviette, j'ai l'impression de retrouver un petit morceau de mon enfance.
C'est drôle comme certains souvenirs traversent les années sans prendre une ride.
Ils arrivent sans prévenir. Une odeur, un goût, une lumière… et nous voilà replongés trente ans en arrière.
Il y a quelques jours, en faisant les courses, je suis passée devant des abricots.
Et, en une seconde, j'étais de nouveau cette petite fille qui attendait avec impatience l'heure du pique-nique.
Les souvenirs ont parfois le goût d'un abricot
Chaque été commençait un peu de la même manière.
Le coffre de la voiture rempli jusqu'au plafond.
Les serviettes de plage.
Le parasol.
Le sac du pique-nique.
Et, à midi, ma grand-mère ouvrait ce fameux sac.
À l'intérieur, il y avait toujours les mêmes sandwichs. Chez nous, on les appelait les sandwichs "crachote" (je serais bien incapable de t'expliquer pourquoi aujourd'hui !). Deux cracottes, une Vache qui Rit,… et, pour finir, des abricots gorgés de soleil.
Je pourrais probablement refaire ce pique-nique les yeux fermés.
Parce qu'il n'avait rien d'extraordinaire.
Mais il avait le goût de mon enfance.
C'est peut-être ça qui me touche le plus aujourd'hui.
Je ne repense pas à ces vacances en me disant : « C'étaient les plus belles vacances du monde. »
Je repense aux petits détails.
À ces choses tellement simples qu'elles semblaient presque insignifiantes sur le moment.
Et pourtant…
Ce sont elles qui sont restées.
Deux sapins, une petite sœur… et un monde entier à inventer
Ensuite, nous quittions la plage pour retrouver la maison familiale, dans le Beaujolais.
Dans chaque coin du jardin, il y avait une grande tonnelle de sapins.
Pour les adultes, c'étaient simplement deux arbres.
Pour ma petite sœur et moi…
C'étaient nos maisons.
Chaque matin, nous descendions des chaises, une petite table, quelques caisses, parfois une vieille étagère. Nous installions notre cuisine, notre salon, notre chambre. Nous inventions des histoires, nous recevions des invités imaginaires et nous passions des heures à jouer.
Le soir, il fallait tout ranger dans le garage.
Et le lendemain…
Nous recommencions exactement de la même façon.
À l'époque, je trouvais ça tout à fait normal.
Aujourd'hui, je crois que c'était notre façon de prolonger la magie.
Je pourrais encore te dire où se trouvait "ma cuisine", où était la cabane de ma sœur, et même comment la lumière passait entre les branches.
En revanche…
Je serais incapable de te dire quels jouets j'avais cette année-là.
Comme quoi, les souvenirs ne s'attachent pas toujours aux objets.
Ils s'accrochent aux émotions.
Depuis que je suis maman…
Depuis que je suis devenue maman de trois enfants, je repense souvent à ces vacances.
Pas avec nostalgie.
Avec gratitude.
Parce que je me rends compte que mes grands-parents n'essayaient pas d'organiser des vacances extraordinaires.
Ils vivaient simplement les journées.
Ils prenaient le temps.
Ils nous laissaient jouer.
Inventer.
Rêver.
Aujourd'hui, quand je vois mes enfants construire une cabane avec deux couvertures dans le salon, je souris.
Je sais déjà que je vais retrouver des coussins partout.
Que le salon va être sens dessus dessous.
Mais je les laisse faire.
Parce que je ne vois pas seulement une cabane.
Je vois des souvenirs en train de naître.
Et je crois que c'est toute la différence.
Pendant longtemps, j'ai pensé que mon rôle de maman était de trouver toujours plus d'activités.
Aujourd'hui, je pense surtout que mon rôle est de leur laisser du temps.
Du temps pour jouer.
Du temps pour imaginer.
Du temps pour vivre.
Parce que les meilleurs souvenirs ne sont presque jamais ceux que l'on avait planifiés.
Les souvenirs se vivent… puis se collectionnent
C'est exactement cette réflexion qui m'a donné envie de créer Mon Été Extraordinaire.
Au départ, je voulais imaginer un carnet de vacances.
Puis je me suis posé une question toute simple :
Qu'est-ce que j'aimerais retrouver dans vingt ans ?
Certainement pas un cahier d'exercices.
J'aimerais retrouver les mots de mes enfants.
Le dessin d'une cabane.
Une photo collée de travers.
Le nom de leur glace préférée.
Une fleur séchée ramassée pendant une promenade.
Une anecdote qu'ils auraient déjà oubliée.
Alors Mon Été Extraordinaire est devenu bien plus qu'un carnet d'activités.
C'est un compagnon de vacances.
Un endroit où l'on écrit, où l'on dessine, où l'on colle, où l'on raconte.
Un carnet que l'on referme en septembre… avec l'envie de le rouvrir quelques années plus tard.
Parce qu'au fond, les aventures se vivent…
Mais les souvenirs se collectionnent.
Et si cet été, on ralentissait un peu ?
Nous avons souvent envie d'en faire toujours plus.
Remplir les journées.
Trouver la sortie parfaite.
Organiser des activités extraordinaires.
Et si cet été, on essayait autre chose ?
Et si on acceptait qu'un pique-nique puisse être un vrai souvenir ?
Qu'une cabane construite avec deux couvertures soit une aventure ?
Qu'une glace partagée sur un banc puisse devenir une histoire que nos enfants raconteront un jour à leurs propres enfants ?
Je crois que les plus beaux souvenirs ne sont pas ceux qui coûtent le plus cher.
Ce sont ceux qui nous font dire, des années plus tard :
"Tu te souviens… ?"
Le souvenir à collectionner
Ce soir, au dîner, pose une seule question à tes enfants :
"Quel a été ton moment préféré aujourd'hui ?"
Tu risques d'être surpris par leur réponse.
Et si tu peux… Note-la quelque part.
Dans un carnet, sur un papier…. Ou simplement dans « Mon Été Extraordinaire ».
Tu verras.
Dans quelques années, ces quelques mots auront une valeur inestimable.